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Gendarmerie Mobile : Des militaires spécialisés au maintien de l’ordre

 

La crise des gilets jaunes a profondément secoué les services de l’Etat. D’une part car elle a été soudaine, d’autre part parce qu’elle a été parfois très violente, et a mis à rude épreuve les forces de sécurité intérieure.

Outil d’exercice de la force publique, la gendarmerie mobile est un des éléments, avec les CRS de la police nationale, qui permet au gouvernement d’exercer sa fonction régalienne de maintien de l’ordre. Dans ce cadre, force est de constater que le statut militaire des personnels de la gendarmerie a permis une très forte mobilisation aux moments critiques. Le samedi 8 décembre 2018, le ministère de l’intérieur a engagé 89 000 hommes dont 65 000 gendarmes, qui était la colonne vertébrale du dispositif. En effet, la police qui comprend pourtant 150 000 personnels a eu beaucoup de mal à en mobiliser 24 000 pour cette opération. C’est donc bien le statut militaire des gendarmes qui a permis instantanément de réunir une telle force d’intervention :106 des 109 escadrons de gendarmerie mobile (13 000 hommes) ont été engagés. Les unités de gendarmerie départementale ayant un rôle important de capteurs de renseignements en temps réel sur les communes de leur zone de compétence.

Un tel outil au service de l’Etat devrait être préservé et bénéficier de toute son attention, ce qui n’a pas toujours été le cas. A l’automne 2009, c’est Nicolas Sarkozy qui avait dissous 15 unités au nom de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Ceci a été une erreur indiscutable. Les réductions d’effectifs auraient pu et dû être cherchés ailleurs : écoles, états-majors, unités spécialisées…Il conviendrait donc d’en recréer au moins autant.

En cas de troubles graves, c’est la gendarmerie mobile qui est l’assurance de l’Etat car elle seule dispose des unités et des matériels (blindés, unités parachutistes, avions, hélicoptères, navires côtiers) balayant tout le spectre : Maintien de l’ordre, rétablissement de l’ordre, voire guerre avec l’intervention des unités des armées.

Il conviendra probablement de revoir le schéma d’organisation territoriale des escadrons en tenant compte des enseignements tirés récemment. En outre, l’état devra reconsidérer l’emploi des unités non spécialisées au maintien de l’ordre agissant isolement (BAC, patrouilles de sécurité, voire de circulation routière). A ce titre l’IGPN a été saisi de 81 saisines pour utilisation inappropriée du LBD 40 par les unités police. Quant à elle, la gendarmerie a employé, entre autres, des gaz répulsifs à forte odeur d’excréments. Attendons les retours d’expérience des commandants d’unités sur l’efficacité de ce produit.

Le judiciarisation des actes de violences commis par les casseurs « antifas » et « black blocs » est rendue possible par les images prises lors des affrontements. Néanmoins, un nouvel effort devra être fait sur les moyens vidéos embarqués afin de généraliser la prise d’images. Pour la première fois, des drones ont également permis le recueil d’images afin d’identifier les casseurs. On a également assisté à un retour des véhicules blindés dans Paris et en province. Cependant le renouvellement du parc d’une centaine d’engins est de l’ordre de 40 millions d’euros. Il ne semble pas toutefois être envisagé par les pouvoirs publics, bien que les VBRG aient une quarantaine d’années !

Le maintien de l’ordre est un exercice difficile entre la violence légitime exercée par l’Etat pour assurer l’ordre public et le désir d’expression des revendications des manifestants. Le refus évident d’Emmanuel Macron et de Christophe Castaner, son ministre de l’Intérieur, d’accéder aux revendications des Gilets Jaunes mais également le refus de revenir aux urnes pour relégitimer l’autorité de l’Etat rendent la situation difficile.

Manifestement, les consignes données aux forces de l’ordre sont plus intransigeantes que celles ayant pu être données dans le passé, face aux casseurs d’extrême gauche antifas ou blacks blocs.

Ainsi que l’a dit Marine Le Pen, les revendications exprimées dans la rue auraient du l’être au Parlement si toutes les sensibilités politiques des Français étaient vraiment représentées à l’Assemblée Nationale. Nous n’avons malheureusement pas de réelle démocratie représentative puisque le système électoral, excluant la proportionnelle intégrale, conduit quasiment à ce que la moitié des suffrages exprimées lors des législatives ne soit représenté que par 27 députés sur 577 !

Enfin, les tentatives de manipulation de l’opinion sont toujours en cours puisqu’on apprend qu’Emanuel Macron souhaite organiser un referendum à questions multiples couplé aux élections européennes.

Encore une fois, la seule alternative crédible qui s’offre à nos suffrages est celle présentée par Marine Le Pen ! La propagande éclipsera-t-elle la lucidité ?

Jean-Michel CADENAS

Délégué Départemental RN 53

Membre du Conseil National

 

 

 

 

(Image : Le Figaro)